Je voulais raconter la nuit de l'incendie. je le fais par la bouche de Méryl, qui est la plus à même de se souvenir. J'ajoute aussi un petit texte très court, que je transformerai peut être enphotostory un jour.
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Il n’y a pas eut de nuit ce soir là. C’était le mois de juin, la chaleur s’était doucement répandue sur les terres, sans les oppresser. Comme je n’avais que 6 ans et Iris 3, on nous avait mises au lit très tôt. Soline, qui n’avait que 3 mois, dormait dans son berceau avec nous. Je ne me souviens pas des rêves que je faisais à cette époque, je me rappelle seulement que soudain dans mon sommeil, j’ai eut chaud, très chaud, il me semblait entendre des voix au loin, et cette chaleur toujours aussi étouffante me donnait l’impression de brûler dans une cheminée. Soudain je me suis réveillée. La lumière qui rentrait par les fenêtres donnait à la chambre d’enfant une couleur rouge inquiétante. Il y avait une odeur de fumée et un grondement dans les entrailles du palais.
La nourrice est soudain entrée dans la chambre, à refermé brutalement la porte et s’est appuyée de tout son poids dessus, comme pour empêcher quelqu’un de rentrer. Me voyant réveillée et assise sur mon lit, elle me dit en haletant.
« Il faut partir.
- Où ça ? répondis-je, commençant à sentir de plus en plus une sensation de danger.
- Le plus loin possible ! »
J’entendais maintenant distinctement les cris dans le couloir. Je me souviens surtout du bruit, je n’osai pas les interpréter. La nourrice a secoué Iris pour la réveiller puis a posé Soline dans nôtre petit chariot. Elle nous a ensuite poussées vers la porte de service, celle que nous n’avions pas le droit d’emprunter. Iris pleurait et demandait où étaient nos parents. La nourrice a refermé la porte dernière nous, nous plongeant dans le noir.
Le plus loin possible.
Je me souviens juste d’avoir pris Iris par la main et d’avoir poussé le chariot avec Soline dans les couloirs des domestiques. J’ai bien entendu des cris plus violents. Je savais pourquoi la nourrice avait refermé la porte dernière nous. Je sais ce qu’il lui ai arrivé, mais sur le moment mon cerveau d’enfant refusait d’y penser.
Je ne me souviens pas de nôtre périple dans le noir. Seulement que je conjurais Iris d’arrêter de pleurer, de ne pas faire de bruit et que je ne voulais pas réveiller Soline. Nous sommes arrivées dans une arrière cour. C’est là que j’ai réellement compris ce qui se passait. La ville était en feu. Des cadavres jonchaient les rues et parfois un guerrier armé jusqu’aux dents apparaissait, hurlant, écumant, prêt à éventrer une prochaine victime. Grâce à nôtre petite taille, Iris, le chariot et moi avons réussi à nous faufiler jusqu’à un potager que je connaissais bien. En effet il longeait les remparts et je savais que sous une grande fougère se cachait un trou. Nous avons du abandonner le chariot là.
Nous nous sommes enfoncées dans la forêt. Je tenais Soline comme je le pouvais dans mes bras et Iris me suivait en pleurant. Nous sommes restées cachées toute la nuit dans un tas de broussailles.
La forêt de nuit est la terreur des enfants. Pourtant je n’avais presque plus peur dans la forêt. En revanche je crois que c’est depuis cette période que j’ai peur du feu et de dormir la nuit.
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Projet de photostory, les pensées de Méryl
Le soir de ma chambre m’apporte les bruits du silence.
La clé dans la porte, la dague sous mon oreiller, ce n’est pas assez. J’entends tout. Je ne peux rester allongée. Ce bruissement de ruche, je perçois tous les mouvements d’entrailles du château. Un domestique qui court pour une corvée tardive, un chat qui se promène sur le parquet au dessus de ma chambre, une rumeur de fête.
Quand viens la nuit je ne peux fermer les yeux.
A chaque fois que je suis frustrée de ne pas avoir la bjd que je convoite entre les mains, j'écris. Cette petite anecdote a été écrite alors que j'attendais le corps de Méryl je crois. C'est le récit d'une journée alors que Méryl avait 16 ans, Iris 13 et Soline 10. J'avais d'abord penser à enf aire une photostory quand j'aurais eut mes trois pensionnaires à la maison. Mais à cause de leur âge, ça ne collait pas. De plus il y a pas mal de personnage secondaires. Je laisse cette histoire en texte.
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Soline avait désespéré tous ses professeurs particuliers. La reine avait donc décidé de l’intégrer à la classe où les nobles envoyaient leurs enfants étudier. Peut être que entourée d’autres élèves elle n’oserait plus remettre les professeurs à leur place.
Au bout de quelques semaines, force était de constater que Soline n’avait toujours pas changé. Elle déconcertait toujours les professeurs, mais plus encore les élèves, lorsqu’elle réussissait des calculs très compliqués.
« Je parie qu’elle triche… Lèche botte ! grognait les autres derrière elle. »
Une après-midi, trois des élèves jouaient au ballon dans le parc de la cité. Soline s’était approché d’eux.
« Dites, je peux jouer avec vous ? »
Les trois enfants se regardèrent.
« Ouais, d’accord.
- Chouette ! répondit Soline. Comment on joue ? »
Les enfants firent cercle et Soline écouta avec grande attention les règles du jeu. Ensuite l’équipe se déploya rapidement sur le terrain. Alors que le jeu commençait, Soline entendit un bruit singulier. Un oiseau s’était posé sur un arbre non loin d’elle et gazouillait.
« C’est drôle, se dit Soline en regardant l’oiseau. Je n’ai jamais entendu un chant pareil. »
Mais comme elle rêvassait et tentait de reproduire mentalement les notes, Soline ne faisait plus attention au jeu et elle ne vit pas la balle qu’on lui lança. La petite fille reçu donc la balle en pleine tête et s’étala par terre sous les rires des autres enfants.
« Non mais regardez ça ! Elle est vraiment trop bête ! Elle comprend même pas comment on joue ! Et puis elle nous regarde la bouche ouverte ! C’est trop drôle ! T’es trop bête Soline ! »
Les enfants partirent en riant, laissant Soline affalée par terre, se tenant la tempe droite.
***
Pendant ce temps, Iris ne perdait pas son temps. Elle avait profité de son après-midi pour aller visiter les réserves de l’apiculteur. Elle s’était glissée dans son grenier et avait chapardé deux gros pots de miel qu’elle s’était empressée de vider. Alors qu’elle descendait l’échelle pour aller se débarrasser des objets du délit, elle vit en bas trois enfants passer en riant. Ils se réjouissaient du tour qu’ils avaient joué à Soline. Iris tira un sourire en coin.
***
Soline était partie se cacher au fond du parc pour pleurer à chaudes larmes. Elle y serait restée des heures entières si Méryl, qui rentrait de son entraînement, n’était pas passée par là.
« Et bien Soline, pourquoi tu te caches dans ce buisson ? »
Soline se retourna à peine.
« Par ce que je suis trop bête !!!!!! » Et elle repartit en sanglotant de plus belle.
Méryl, elle, resta immobile, stupéfaite parce qu’elle venait d’entendre.
« Non mais, tu te moques de moi là ?
- Non c’est les autres qui se moquent !! »
Méryl fronça les sourcils.
« Comment ça les autres ?
- Oui.. sniff… je voulais jouer à la balle avec eux… mais je suis trop nulle. Je n’arrive pas à jouer. Ils disent que je comprends rien et ils veulent plus que je jouent avec eux. Je suis stupide !!!ouin….. »
Méryl leva les yeux au ciel et agrippa fermement Soline par le bras pour le forcer à se relever.
« Soline ! Tu savais déjà faire des multiplications à 5 ans ! Ce n’est pas à moi que tu vas faire croire que tu es stupide ! »
La petite fille renifla, regardant sa sœur avec un air incrédule.
« Ces imbéciles sont jaloux parce que tu es beaucoup plus intelligente qu’eux.
- Mais que…
- Il n’y a pas de mais. Qu’est ce que tu crois qu’il est plus important, savoir jouer à la balle ou assurer son avenir? »
Soline ne répondit pas mais fit une moue d’acquiescement. Méryl la lâcha et se mit à tripoter nerveusement le pommeau de son sabre d’entraînement et elle finit par le dégainer.
« En tout cas ces petits crétins vont apprendre la justice, je vais aller les scalper !
- Non, non Méryl ! cria Soline en tentant de la retenir. Tu ne vas pas faire ça !
- Mais non, je vais juste leur faire peur. »
Les deux sœurs traversèrent le parc. Heureusement Méryl n’eut pas à faire justice. En effet, les trois enfants se tenaient, penauds, devant l’apiculteur, leurs parents, et le chef de la milice qui les avaient gratifié chacun d’une belle gifle.
« J’espère que vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ! C’est très grave de voler ! Même des pots de miel. Si vous aviez été des adultes on vous aurait mis en prison ! hurlait le chef de la milice pour impressionner les trois têtes blondes.
- Mais on a rien fait monsieur. geignait l’un d’entre eux.
- Et en plus vous mentez ! On sait que c’est vous, on a retrouvé deux pots vides et un encore plein sous vos lits. »
Les enfants auraient bien voulu expliquer qu’ils n’avaient pas pu voler ces pots puisqu’ils jouaient dans le parc. Mais en voyant arriver Soline, et près d’elle Méryl visiblement furieuse, ils comprirent que s’ils parlaient, Méryl les dénonceraient d’avoir fait du mal à Soline. Ils durent donc subir cette injustice.
Tandis que le chef de la milice poursuivait ses remontrances, Soline aperçu que Iris s’était glissée parmi la foule et se tenait à côté d’elle, avec un air très calme. Un air suspect chez elle. La jeune fille tourna la tête vers sa petite sœur et lui fit un clin d’œil. Soline écarquilla les yeux, hésitant à croire sa première impression.
Lorsque la foule s’éparpilla et que Méryl eut regagné ses quartiers, Iris souffla à Soline :
« Ils l’ont pas volé ces trois là. Ça leur apprendra. »
Soline se sentit soudain toute émue.
« C’est vrai Iris, tu as fais ça pour moi ?
- Te fais pas d’idées ma petite ! répondit Iris en entourant les épaules de sa sœur sans la moindre bienveillance. Je n’ai fait que faire d’une pierre deux coups. Tu es mon jouet à moi, il n’y a que moi qui ait le droit de te martyriser. »
Soline préféra étouffer un couinement de désespoir.